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Diriger une entreprise en phase avec son cycle
par Acteurs en Transition
Et si travailler moins certaines semaines permettait de travailler mieux sur le long terme ? C'est ce que j'ai découvert en apprenant à écouter mon cycle menstruel. Plutôt que de me forcer à tout faire coûte que coûte, j'adapte mes tâches à ce dont je me sens capable chaque semaine. J'ai du apprendre à m'organiser autrement, mais je comprends qu'un autre modèle d'entrepreneuriat est possible !
En tant que dirigeante indépendante, j'ai fait le choix d'organiser mon travail en fonction de mon cycle menstruel. Ce qui a commencé comme une contrainte (les difficultés liées à mon cycle se sont intensifiées ces trois dernières années, m'obligeant à adapter mon rythme) est devenu progressivement une véritable méthode de travail, construite sur la connaissance de moi-même. J'ai commencé par noter progressivement comment je me sentais en période de règles, et j'ai fini par élargir aux autres semaines. Je me suis rapidement rendu compte d'une récurrence.
- Ce que j'ai mis en place concrètement
J'anticipe mes cycles sur trois mois à l'avance dans mon agenda professionnel. Chaque phase correspond à un type d'activité.
- La semaine plutôt neutre est consacrée à l'exécution, à la communication, à la prospection. Une énergie stable, idéale pour avancer sur les tâches de fond.
- La semaine où j'ai beaucoup d'énergie est dédiée à la stratégie, aux rendez-vous clients, aux prises de décision importantes. C'est le moment où je suis la plus disponible, la plus claire, la plus productive.
- La semaine d'épuisement est réservée à la planification et à la prise de recul. J'ai appris à ne pas projeter l'avenir de mon entreprise dans ces moments-là, et à remettre ces sujets à une phase plus favorable.
- La semaine de règles, et particulièrement les deux premiers jours, est sanctuarisée. Pas de rendez-vous clients, uniquement du travail de bureau léger. J'ai appris à ne pas culpabiliser de fonctionner à mi-régime ces jours-là.
- Ce que ça a changé
Sur le long terme, ma productivité a augmenté. Semaine par semaine, le bilan peut sembler inégal. Mais sur un mois ou un trimestre, je travaille mieux et plus qu'avant.
Au-delà de la productivité, cette démarche m'a apporté une meilleure connaissance de moi-même et une vraie assurance en tant que femme entrepreneure. Je ne cherche plus à calquer mon rythme sur celui de collègues qui ont un fonctionnement différent du mien. Je sais que si une semaine je suis à 50%, la suivante je serai potentiellement à 150%, et que sur la durée, je suis tout autant capable d'un 100%.
- Un chemin progressif
Il m'a fallu environ deux ans pour construire cette organisation. Une première année à observer et comprendre les fluctuations de mon énergie, en les distinguant de celles liées à la création d'entreprise. Une deuxième année à accepter de moins travailler pendant mes règles. Puis six mois à respecter l'ensemble du cycle.
En tant que salariée, je n'avais jamais pris conscience de tout ça. Je subissais, tandis qu'aujourd'hui, j'estime que ça relève du choix.
- En parler : un acte aussi important que l'organisation
Adapter son rythme de travail à son cycle, c'est une chose, et assumer ce rythme en est une autre.
Quand mon premier jour de règles arrive et que ça se voit dans ma posture ou mon niveau de fatigue, les entrepreneur·es avec qui je partage mon espace de travail me demandent parfois si ça va. Ma réponse est sincère : " non, c'est mon premier jour de règles, c'est difficile, je serai mieux dans quelques jours." Ce n'est pas systématique, mais dans cet espace de confiance, je ne me mets pas de freins pour en parler.
Ce que j'observe depuis : plusieurs femmes sont également plus à l'aise pour aborder le sujet avec moi. Une simple phrase assumée peut ouvrir un espace que beaucoup n'osaient pas créer. A minima, ça permet à des femmes entrepreneures de prendre un instant pour conscientiser le besoin de changement de rythme; et à des hommes de conscientiser la différence de fonctionnement. Je m'accorde le droit de choisir avec qui et quand j'en parle. C'est aussi ça, le respect de son propre rythme.
Vivre avec son cycle, ce n'est pour moi ni un frein, ni un atout. Je ne cherche pas à dire que les femmes ont un pouvoir particulier ou plus de force que les hommes. Pour moi, il s'agit de répondre à un enjeu d'évolution de la société et du modèle d'entreprise: Penser une société basée sur l'ensemble des personnes qui la compose, et donc sortir de l'automatisation de se caler sur un modèle masculin. En prenant conscience que c'est possible de travailler autrement, on devient toutes et tous libre de choisir son mode de fonctionnement. Conscientiser plutôt que subir, c'est à la base du pouvoir d'agir.
Cette approche est la mienne, construite à partir de mon propre fonctionnement. Je suis convaincue qu'elle est duplicable, à condition de l'adapter à chacun·e, et de se donner le temps de l'observation.
Mon fil rouge, dans toutes mes missions, c'est le pouvoir d'agir. Je pars du principe que les personnes et les organisations sont déjà actrices des changements sociaux et environnementaux: elles ont des pratiques, des valeurs, une vision.
Mon rôle n'est pas d'apporter des réponses, mais de créer l'espace pour que ça émerge et se traduise en actions concrètes. C'est cette conviction que je m'applique à moi-même, dans mon fonctionnement d'entreprise au quotidien.
- Mon bureau au Pôle Lyve de Givors est aménagé intégralement en mobilier de fabrication artisanale ou de seconde main, pour valoriser l'existant, privilégier le local. - J'anime régulièrement et gratuitement des ateliers pour les porteur·ses de projets du pôle d'entreprises, sur la place des valeurs dans la différenciation commerciale.
- Je travaille avec des fédérations et clubs sportifs sur la place des femmes dans le sport, en partant des réalités de terrain plutôt que de solutions imposées de l'extérieur. J'ai créé et j'anime un serious game qui permet de faire réfléchir sur ces enjeux, et améliorer les conditions d'inclusion.
Ce qui relie tout ça : on ne peut pas accompagner les autres vers plus de cohérence entre leurs valeurs et leurs actes si on ne s'y astreint pas soi-même. La démarche autour de mon cycle menstruel s'inscrit dans cette même logique: écouter ce dont je suis capable, agir en congruence, sans me forcer à reproduire un modèle qui ne me correspond pas.
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touzet.laurent - mer 15/04/2026 - 11:31